Christian DECOCQ

 

 

Mon Cher Christian

 

Tu es venu ici nous prouver en cuisine que tu étais un grand chef de la Restauration et pas seulement au sens politique du terme…

 

Sérieusement, c'est la première fois que nous recevons  une personnalité se disant de droite. Mais, contrairement à ce qu'on disait quand on était petit dans la cour de récréation  "c'est pas forcément celui qui dit qui est !". Je dis cela surtout pour ceux qui se croient de gauche.

 

Il y a quelques années à peine, un homme politique ne se définissait jamais comme étant de droite mais comme centriste, républicain ou gaulliste. Maintenant c'est clair, vous n'êtes plus centriste, ni républicain encore moins gaulliste mais de droite tout simplement et pas seulement dans le regard de l'autre. Mais, il faut reconnaître que distinguer un social démocrate, donc de gauche, d'un démocrate social, donc  de droite prônant tous deux "l'économie sociale de marché hautement compétitive" n'est pas toujours facile.

 

Ancien Directeur Adjoint de l'Agence de l'Eau, on t'affuble en plus de l'étiquette d'Ecolo de droite.

 

Tu te définis comme un retraité actif. Tu es à peu de chose près un enfant de la Libération pour être né en 1945 dans la ville des célèbres bourgeois de Calais. Mais ces bourgeois là se sacrifiaient pour l'intérêt public; les choses ont vraiment changé ! Tu es donc, quand on fait bien les calculs, un jeune retraité et tu en remercies tous les jours Pierre MAUROY, le père de la retraite à 60 ans.

 

Pourtant, en  1995, alors que tu étais conseiller municipal de Wasquehal, où selon les mauvaises langues tu demeures toujours,   tu diriges la campagne électorale d'Alex TURK.  Et Pierre Mauroy reste Maire de Lille.

 

En 2001, tu  nous as invité à effeuiller la marguerite. Mais personne au RPR à Paris ne croyait en une éventuelle victoire. Tes amis de la capitale ne t'ont pas beaucoup aidé. Et Martine Aubry devient Maire de Lille.

 

En 2002, en surfant sur la vague bleue, tu as conquis le siège de député alors qu'à côté Martine Aubry échouait. Premier vrai  tremplin pour la prise  du beffroi.

 

A l'Assemblée Nationale, tu sièges au sein de la Commission des Lois et tu présides le groupe d'études sur les pollutions industrielles historiques.

 

"Et c'est là que la géographie rejoint l'histoire" On retrouve cette énigmatique expression dans la plupart de tes interventions au Palais Bourbon. Il y a une variante tout aussi obscure "Et c'est là que l'histoire rejoint la géographie". Or, la vraie question qui te taraude est la suivante: "Est-ce que la géographie lilloise et ton histoire se rejoindront en 2007 ? "

 

Pour y parvenir, tu nous as proposé un remake des 3 mousquetaires pour t'attaquer à Milady. Mais il y a eu très vite de l'embrouille dans le quarteron: Decocq, Turcq, Lecerf  et Daubresse. Le Maire de Lambersart au prénom d'empereur romain veut quitter sa banlieue dorée pour conquérir la capitale des Flandres. Il est même devenu Ministre rien que pour assouvir cette ambition. Il ne fait que t'embêter au point que les socialistes Lillois sont prêts à te défendre: "Laissez-nous notre Decocq !" Honnêtement, entre nous,  le Maire de Lambersart, Ministre du logement social et de la politique de la Ville, cela fait sourire. C'est un peu comme si Clara Morgane devenait Ministre de la répression du vice et la promotion de la vertu. Ainsi, la ville de Lambersart doit-elle payer cette année une pénalité de 127.753 Euros à raison de l'insuffisance de ses logements sociaux…

 

Christian, n'écoute pas le Premier ministre, il ne suffit pas d'avoir la positive attitude.

L'histoire et la géographie se rejoignent quand un homme et un peuple se rencontrent pour partager ensemble le même destin. Les citoyens ne se satisfont pas de vagues promesses de partage des miettes d'une éventuelle croissance. Ils veulent un homme, ou une femme, de conviction, un visionnaire avec des grands projets et une ambition collective. Ils veulent participer à l'écriture de l'histoire et ne plus la subir.  Cela vaut aussi à l'échelle d'une ville.

 

Fort de ce modeste conseil, peut-être qu'un beau jour en 2007, tu porteras l'écharpe de Maire de Lille. Sous le beffroi, tu entonneras devant la foule ébahie un vibrant discours qui marquera l'histoire:

 

"Lille, Lille outragé, Lille brisé, Lille martyrisé,  mais Lille libéré !".

 

Bon, quittons le virtuel et revenons au réel. On va goûter ton lapin…

 

 

Marc BODIOT

 

 

Mon Cher Marc

 

Tu es, en quelque sorte, notre Docteur GUBLER à nous. Sauf que toi, tu  ne livres pas les secrets médicaux  de ceux qui nous dirigent. Tu demeures très discret. Longtemps, d'ailleurs on nous demandait "C'est qui Marc BODIOT, on ne le voit jamais ?". Alors que le Docteur GUBLER, tout le monde le connaissait. On le voyait à la télé avec ses grandes rouflaquettes et ses costumes en velours côtelé de paysan-chic nous assurer  que Tonton était en excellente santé. Et, nous bêtement, on le croyait.

 

Pourtant, il n'inspirait pas franchement confiance ce médecin, mais on voulait y croire quand même. Bon, en plus, le Docteur GUBLER n'avait qu'un seul et unique client. On aurait quand même du se douter de quelque chose,  un médecin qui n'a qu'un seul patient qui plus est en bonne santé, c'est tout de même un peu bizarre. Alors, nous sommes rassurés parce que le Docteur BODIOT, lui,  a beaucoup, mais alors beaucoup, d'autres clients que qui vous savez.

 

Longtemps, on a cru que le Docteur GUBLER était un excellent médecin, vu que Tonton n'était jamais malade, toujours fringuant malgré l'âge et le travail harassant. Alors qu'ici, à Lille, certains doutent sérieusement des talents de Marc BODIOT vu que souvent quand Martine (j'allais dire Tantine…) n'est pas là où elle est attendue, on nous explique qu'elle est souffrante alors que c'est même pas vrai. En réalité, elle est à Paris. Mais nous on ne le sait pas et forcément on se dit que le Docteur  BODIOT, il est pas terrible. C'est vraiment pas juste.

 

Il n'empêche que le Dr GUBLER, il n'a jamais été ministre tandis que toi, tu as rejoint ta cliente sous le beffroi.

 

Faut-il que la Ville de Lille soit à ce point malade que tant de médecins siégent au Conseil Municipal ? Docteur SULMAN, Docteur HANNA, Docteur BODIOT sans compter l'infirmier SANTRE ! Il ne manque plus qu'un pharmacien. Et dire qu'aucun avocat ne siège à la Mairie pour nous faire croire qu'aucun élu n'a de soucis judiciaires !

 

Au début du mandat de Martine, on a cherché notre élu. Patrick KANNER croyait avoir gardé dans son giron les centres sociaux. Erreur. Nous avons interrogé Martine qui nous a répondu "l'élu en charge des équipements de proximité, c'est moi, c'est dire l'importance que j'y accorde". Rapidement, elle déléguera néanmoins cette mission au 1er adjoint, Pierre de Saintignon jusqu'à ce que, grâce au départ de Michel FALISE, tu entres enfin au conseil municipal. Michel FALISE fait sa valise et on nous a dit qu'il quitte la mairie par ce qu'il n'était pas en bonne santé. Mais tu n'étais pas son médecin, enfin j'espère. Quoiqu'il en soit, le Maire te confie la responsabilité des centres sociaux.

 

Tu étais l'auteur d'un rapport sur ce sujet complexe, le fameux rapport BODIOT, qui n'a pas fait l'unanimité dans l'éloge. Nous l'avions très fortement critiqué. On connaît dans la vie politique française le sort réservé aux rapports. L'élu destinataire le range dans un tiroir. Ce qui n'est pas banal c'est que tu as donc toi-même rangé ton propre rapport dans ton tiroir personnel.

 

Tu aimes à le répéter, tu es un homme libre. Et c'est vrai. Tu ne dois rien à personne. Cela à même inspiré une chanson à succès: "Il est libre, Marc !"

 

Tu es aussi un homme modeste. Ainsi tu nous as dit, une fois "Ce que Kanner n'a pas su faire en 6 ans, ce que De Saintignon n'a pas su faire en 1 an, je l'ai fait en 6 mois".

 

A 58 ans, tu deviens le Maire du Vieux Lille. Je rappelle que le vieux Lille n'est pas qu'un fromage fort odorant mais un beau quartier de notre ville dont le marché dominical reçoit un public quelque peu différent de celui que l'on rencontre à Wazemmes. Mais ton ambition demeure de remporter le siège de conseiller général de Lille Centre, là où Patrick KANNER n'a pas réussi.

 

Bon, évoquons rapidement le jeune BODIOT. Fils d'ouvrier maçon, tu passeras ta tendre enfance à Cassel puis dans les HLM de Dunkerque.

 

Louveteau, scout, enfant de chœur, tu excelles dans le sport et passes tes vacances à draguer en vélo puis en mobylette avec succès semble t'il. Les jeunes filles t'appelaient, selon toi, "le beau marc".  En réalité, elles disaient simplement "le Beau-diot" !

 

Tout en pédalant, tu poursuis tes études de médecine à Lille, sans oublier d'y séduire Annie ton épouse.  Et le fils d'ouvrier devient médecin sans oublier ses origines. Tu milites naturellement à gauche.

 

Bref, une vie personnelle et professionnelle bien remplie, de récentes fonctions électives accompagnées d'une rapide promotion laissant entrevoir pour l'avenir de nouvelles responsabilités. Que du bonheur !

 

Alors Docteur, je n 'ai qu'une interrogation, ça vous chatouille ou ça vous gratouille ?

 

 

 

                                                                                                                        Fin.